Filtrer
Rayons
Éditeurs
Langues
Prix
Éditions Les Herbes rouges
-
Marguerite : le feu ; dossier / mise en esclavage d'autochtones en Nouvelle-France
Emilie Monnet
- Éditions Les Herbes rouges
- scène_s
- 4 Avril 2023
- 9782894198308
Émilie Monnet rencontre Marguerite Duplessis, cette femme autochtone mise en esclavage qui a été la première à défendre sa liberté lors d'un procès en Nouvelle-France, en 1740. Suivant ses traces du Québec à la Martinique, Émilie interroge les archives et leurs résonances.
Sur une scène qui craque comme un volcan sur le point d'entrer en éruption, trois interprètes noires et autochtones. Ensemble, elles feront fondre l'étau de glace qui enserre l'histoire et attiseront le feu de la solidarité. Fébriles et indociles, dansant, chantant et prenant la parole pour toutes les Marguerites, les trois actrices réinventent une mémoire autour d'événements occultés par des siècles de violence coloniale et patriarcale. Cette histoire, c'est celle de l'oppression des femmes autochtones et afro-descendantes qui se perpétue encore aujourd'hui.
« Marguerite, qu'est-ce qui t'est arrivé ? » En complément à la pièce, le riche dossier élaboré par la conseillère dramaturgique Marilou Craft rapporte ce que l'on sait du parcours de Marguerite Duplessis, résume l'histoire de l'esclavage au Québec et relève les conséquences du colonialisme sur la société contemporaine. -
Émilie a un barrage dans la gorge, un cimetière d'ossements d'arbres (okinum). Un castor géant lui apparaît en songe : c'est un guide offrant sa médecine. Comment dire « aide-moi à me guérir » en anishnaabemowin?
Au centre d'une scénographie envoûtante, la jeune femme cherche à déchiffrer le message du castor. En remontant le courant de son ADN, elle fait émerger les voix et les savoirs enfouis à même son corps. Les rêves sont le langage qui permet de communiquer avec les ancêtres, qui affine l'intuition.
Expérience immersive en trois langues, Okinum invite au théâtre un pouvoir cérémoniel. Émilie Monnet s'élève au-dessus du barrage pour célébrer ses ancêtres et la force du rêve qui l'habite. C'est par la mémoire que passe la guérison.
Le texte est suivi d'une courte postface dans laquelle l'écrivaine et chercheuse Marie-Hélène Constant, en évoquant son expérience comme lectrice et enseignante non autochtone, engage un dialogue avec cette pièce où « s'érige la vie fragile et forte ». -
Jacques Leduc ; trois pommes à côté du cinéma
Robert Daudelin
- Éditions Les Herbes rouges
- 10 Novembre 2020
- 9782894197356
Jacques Leduc fait son entrée au cinéma en 1964. Le cinéma direct vient de brouiller définitivement les frontières entre documentaire et fiction ; Leduc saura en faire bon usage.
Réalisateur de vingt films et caméraman pour des dizaines d'autres, Jacques Leduc a défendu au sein d'une époque déterminante de notre cinéma une liberté créatrice hors du commun. « Rattrapant quelques signes des temps qui courent », Trois pommes à côté du sommeil tout comme les huit chapitres formant la Chronique de la vie quotidienne radiographient la vie d'une génération de Québécois.
Cet essai entrecoupé de passages d'entretiens avec le cinéaste retrace son parcours, du ciné-club jusqu'à L'âge de braise. Robert Daudelin propose une lecture critique de chaque film et répertorie l'activité de Jacques Leduc caméraman, photographe et écrivain. -
La vie utile, precede de errance et tremblements
De La Cheneliere Eve
- Éditions Les Herbes rouges
- scène_s
- 18 Mars 2019
- 9782894196847
Durant trois ans, Evelyne de la Chenelière a écrit sur un mur d'Espace GO, construisant de jour en jour la résidence artistique qui allait ébranler profondément sa pratique. Elle raconte ce parcours de création dans l'essai Errance et tremblements.
La pièce La vie utile est issue de cette résidence. Jeanne s'affaire dans son appartement quand un homme apparaît : c'est la Mort. En même temps, Jeanne enfant fait une chute mortelle à cheval. On ne sait pas quelle Jeanne rêve de l'autre, laquelle meurt vraiment. En même temps, devant l'agonie de son père, Jeanne enfant décide de ne pas croire en Dieu. En même temps, lors d'une promenade en forêt, la mère de Jeanne lui enseigne maladroitement les grands principes de l'existence. En même temps, les mots tombent, tels des flocons de neige, en désordre.
La vie utile allie la reconstitution anarchique du passé à la fabrication d'un avenir incertain, temps superposés comme les différentes couches du mur d'écriture de l'artiste. Une oeuvre palimpseste où la mémoire devient spectacle. -
Alice qui, à l'approche de la trentaine, vient de mettre au monde son premier enfant, ne dort pas depuis quarante jours et quarante nuits... C'est donc dans un état second qu'elle reçoit, cette nuit-là, la visite de sa mère, de sa soeur aînée, de sa tante et de son aïeule, quatre femmes aux destins contradictoires. Elles vont remuer ensemble les braises de leur existence trop souvent silencieuse.
C'est un beau texte que Carole Fréchette a porté à terme. Une oeuvre sensible et intimiste, tantôt drôle, souvent à fleur de peau, mêlant le quotidien à la poésie.
Marie Labrecque, Voir
Voilà une pièce intense dans laquelle des personnages qui broient du noir examinent les possibles de leur vie ; où l'on dit la difficulté de la féminité et de la maternité.
Louise Vachon, Nuit blanche
Une entreprise de mise à nu de l'être, en l'occurrence de l'être féminin qui, vidé de son support mythique, se fait plus déchirant, plus vrai.
Lynda Burgoyne, Je -
La femme la plus dangereuse du quebec
Boudreault Dany
- Éditions Les Herbes rouges
- scène_s
- 28 Octobre 2019
- 9782894196946
Josée Yvon (1950-1994) a créé une des oeuvres les plus saisissantes de la littérature québécoise. Ses textes hybrides font le portrait affectueux et révolté de personnes marginalisées - prostituées, danseuses, travesties, violées. Son premier livre, Filles-commandos bandées, est dédié à plusieurs d'entre elles ainsi qu'à « la femme la plus dangereuse du Québec ».
Née dans une famille aimante de la classe moyenne, Yvon a investi les franges périphériques de la société, unissant son destin à celui des écorchées vives qui habitent ses pages. Sa relation avec son « frère lesbien », le poète Denis Vanier, éclaire également son écriture et en soulève les contradictions. Pour rendre cette tension entre vie et oeuvre, La femme la plus dangereuse du Québec se nourrit non seulement de ses recueils et récits, mais aussi du contenu des vingt-quatre boîtes de son fonds d'archives. À l'instar de Yvon, adepte du collage et de la confusion des voix, Boudreault, Cadieux et Carbonneau ont profané, déboulonné, rabouté livres et archives en tous genres, et y ont fondu leur propre point de vue.
Ode théâtrale mêlant documentaire et poésie, la pièce repose sur un triangle tragicomique : la Femme a lu tout Yvon; l'Autre Femme en a entendu parler; l'Homme préfère l'oeuvre de Vanier. Au centre de ce jeu se voit ravivée la figure lucide et brutale, multiple et irrésolue de Josée Yvon. -
Le Québec est en voie de se doter de sa propre constitution. L'initiative de Christian Lapointe, orchestrée par l'Institut du Nouveau Monde, a reçu l'appui d'une dizaine de compagnies théâtrales disséminées sur le territoire québécois.
Pendant un an, une assemblée de 41 citoyennes et citoyens au profil représentatif de la société a oeuvré à rédiger cet ensemble de règles du vivre-ensemble. Exercice non partisan, hors du dilemme fédéraliste/indépendantiste, la démarche repose sur le principe de la souveraineté populaire.
Sur scène, Christian Lapointe témoigne de l'aventure qui a mené à l'écriture de la constitution, déposée à l'Assemblée nationale en mai 2019. Il convoque le public à se joindre à cette grande conversation collective et à explorer les liens entre art et politique. Le conseiller innu Alexandre Bacon clôt la pièce en soulevant les principaux enjeux du projet pour les peuples autochtones. Constituons! réunit la constitution ainsi que le texte de ce spectacle qui restitue au théâtre sa fonction d'agora. -
Il pourrait être question d'unoe metteuroe en scène en train d'expliquer à unoe comédienone comment atteindre un public absent, comment entrer en relation avec des êtres qui s'ignorent.
Il y a dix ans, Christian Lapointe signait un Petit guide de l'apparition à l'usage de ceux qu'on ne voit pas. Avec Les jours gris, il poursuit sa réflexion sur le théâtre, le jeu, le langage : ce « petit traité inoffensif sur l'émergence de la parole et la mise en contexte du silence » défie les notions de personnage et de situation. À quel point une pièce existe-t-elle en dehors de la fiction ? La friabilité des corps, l'absence de liens, la mort en devenir se voient ici déployées sous la forme d'une spirale vertigineuse.
Ce pourrait aussi être une comptine, une singulière comptine rythmée par des schémas qui en illustrent le propos, « pour qu'à partir de vous ça puisse enfin finir par réussir à parler - dans l'étrangeté de cette infiniment belle petite grise journée ». -
Awards : Une tragédie pour orgue, batterie et beaucoup de personnes
Maxime Brillon
- Éditions Les Herbes rouges
- scène_s
- 15 Novembre 2024
- 9782894198834
« Public en or, public en feu! » Têtard Data vous convie au tout dernier Awards, un spectaculaire gala participatif qui célèbre votre excellence. Alors que dehors le Grand Brasier fait rage, sur scène, une myriade d'invités spéciaux donnent leur 110 % pour vous divertir.
Pendant que les numéros se succèdent, un robot fabrique des trophées et le télésouffleur déroule le plus long texte-tapis-rouge du monde. Parfois, à travers le jargon de la business, une langue indocile jaillit des personnages, quelque chose comme une parole libérée de la raison.
Et quand les flammes lécheront les portes, que le vernis du divertissement prémâché se mettra à fondre, peut-être pourra-t-on toucher à la tendresse et à la poésie cachées derrière.
Sur fond de catastrophe écologique, cette satire du capitalisme tardif brûle d'un feu nourri par un vent de folie. -
Le dernier delire permis suivi de ouroboros
Messier Jean-Frederi
- Éditions Les Herbes rouges
- 17 Janvier 2017
- 9782894195840
Ce spectacle surprenant, qui ressort de la production courante, révèle un tempérament théâtral sûr chez Jean-Frédéric Messier, l'auteur et le metteur en scène de cette fraîcheur où Molière sert de base à une construction tout à fait contemporaine de l'émotion théâtrale.
Robert Lévesque, Le Devoir
Il souffle dans Le dernier délire permis un vent de jeunesse qui nous emporte. Vibrant mélange de lyrisme et de modernité, la langue du jeune dramaturge joue entre les racines classiques du drame et sa réalité contemporaine. Entre le réalisme et le badinage, les émotions et les répliques récitées, les comédiens se maintiennent avec talent dans un registre étonnant.
Marie Labrecque, Voir
Cette pièce est une sorte de miracle vivant. Elle fonctionne à une allure, avec une énergie, une frénésie, un bonheur, comme on n'en rencontre pas souvent. Parfois serein et pur, parfois trivial et emporté, le texte fait de chaque acteur une sorte de messager. Ce sont tous les délires de notre société qui s'y reflètent avec ses tares, ses désirs, ses contraintes, ses rêves.
Pierre Henry, La voix du vendredi (France) -
La communaute indomptable d'andre forcier
Loiselle Marie-Claud
- Éditions Les Herbes rouges
- 22 Juin 2017
- 9782894196045
L'oeuvre cinématographique d'André Forcier est radicalement singulière. C'est en analysant les personnages, les lieux, les objets et la langue parlée, de Chroniques labradoriennes jusqu'à Embrasse-moi comme tu m'aimes, que Marie-Claude Loiselle montre combien les récits d'André Forcier sont ceux d'une Amérique issue de désirs, de délires et de rêves.
Dans cet univers merveilleux et cruel, la tragédie côtoie le comique, le sublime émane du grotesque, la mélancolie ne va pas sans l'exaltation. Ce cinéma, qui radiographie un Québec populaire et révèle un territoire en devenir, met en scène une communauté de gens rebelles, anarchistes, fantasques, excentriques, élevée au rang de mythe universel.
Marie-Claude Loiselle éclaire ces éléments avec précision et profondeur en reliant les forces vives de l'oeuvre d'André Forcier à celles de Pier Paolo Pasolini, d'Aki Kaurismäki et de Gilles Carle comme à celles de Jacques Ferron, d'Hubert Aquin et de Gaston Miron. La communauté indomptable d'André Forcier permet d'éprouver dans toute sa richesse le travail de ce cinéaste incontournable.
Avec des photos d'André Forcier et de ses films, en couleur. -
Jimmy, creature de reve ; la noirceur ; peepshow
Brassard Marie
- Éditions Les Herbes rouges
- scène_s
- 8 Octobre 2018
- 9782894195567
Un coiffeur homosexuel trouble le sommeil d'un vieux général américain avant de se retrouver captif des rêves d'une actrice. Celle-ci, fascinée par un skinhead aperçu sur une photo, fait le récit de l'aveuglement qui mutile Montréal à grands coups de projets immobiliers. Ailleurs, une enfant égarée se réjouit de sa rencontre avec un monstre, une maîtresse d'école coupe sa chair avec une lame, le Petit Chaperon rouge s'allonge nue contre le loup. Les songes de l'actrice se déploient en univers aussi complexes qu'étonnants; transposés sur scène, ils donnent lieu à de captivants enchevêtrements d'images. Les oeuvres de Marie Brassard défigurent le réel pour mieux y faire face. Les trois pièces ici réunies sont les premières qu'elle a signées en solo, singuliers objets baroques qui, entre contes et expériences technologiques, rappellent que « personne n'échappe à sa liberté, et qu'il nous revient à tous de réinventer la vie, ou d'en trahir la promesse » (Daniel Canty).
-
Helter skelter (troupe de theatre)
Momentum
- Éditions Les Herbes rouges
- scène_s
- 6 Mars 2017
- 9782894195536
«Momentum tire son propos dramatique d'un fait divers ayant fortement marqué la mémoire collective états-unienne et fasciné le monde entier par son caractère sordide, à savoir l'assassinat sauvage de l'actrice Sharon Tate, jeune épouse enceinte du cinéaste Roman Polanski, par les disciples du gourou Charles Manson. L'enfant arraché aux entrailles de sa mère n'ayant jamais été retrouvé, la pièce spécule sur son destin, mais mal nous prendrait de voir là le fil conducteur d'une fable classique, car rien n'est moins chronologique et unitaire que le déroulement de Helter Skelter. À dire vrai, il s'agit plutôt d'un assemblage de tableaux épars qui font intervenir pêle-mêle faits judiciaires, figures historiques et références culturelles dans ce qui pourrait s'apparenter à un dérapage contrôlé.
Véritable célébration de l'éclatement, Helter Skelter offre au lecteur une matière intertextuelle d'une complexité foisonnante et, en ce sens, elle porte bien son titre. Devant cette oeuvre difficilement saisissable, qualifiée à sa création de reality show postcyberpunk, la polysémie semble inépuisable et la liberté d'interprétation, sans fin.»
ÉLIZABETH PLOURDE
EXTRAITS DE LA PRÉFACE
«HELTER SKELTER OU LE PORTRAIT EXPÉRIMENTAL D'UNE AMÉRIQUE CAUCHEMARDESQUE» -
Si j'avais la seule possession dessus le jugement dernier
Charpentier Erik
- Éditions Les Herbes rouges
- scène_s
- 6 Mars 2017
- 9782894196595
Un village côtier du golfe du Mexique où les « défunts créoles » partagent la scène avec des
macaques errants, dans l'esprit des Mardis gras de l'arrière-pays cajun. C'est là qu'Erik
Charpentier, de son propre aveu, « agite les molécules dans l'air ». Ainsi Classie, éternel
voyageur qui a une huître à la place du coeur, annonce : « Les étoiles sont toujours très lentes, aussi lentes que la lumière de ma peine. Mais je peux voir le jour qui point à l'horizon. Quand l'interprète nous a laissés dans le lobby, Kina et moi, il s'est retourné vers nous une dernière fois pour nous dire que quand la nuit va finir dans le jour, le ciel sera bleu d'émotions. Je me sers souvent de cette phrase quand je sens le besoin de dire quelque chose qui semble être important. » -
à cause du soleil : le traitement de la nuit ; deux pieces
Evelyne de La chenelière
- Éditions Les Herbes rouges
- scène_s
- 2 Novembre 2021
- 9782894198001
Sous le soleil cinglant d'une plage d'Algérie, dans un célèbre roman d'Albert Camus, Meursault tue un Arabe sans nom. Cette
histoire s'entrelace, dans À cause du soleil, à celle de Medi qui se condamne lui-même pour avoir ignoré un appel à l'aide en pleine tempête de neige.
Le traitement de la nuit est une scène incertaine que répètent et modulent les membres d'une famille prisonnière de son immense domaine. Le quatuor se reconfigure au gré de l'obscurité, qui révèle des mouvements inattendus.
En parlant, en dépliant leurs récits, les personnages cherchent obstinément à retrouver le goût de l'innocence. La parole a-t-elle le pouvoir de façonner le réel? Jouant adroitement de la violence et de l'humour, Evelyne de la Chenelière interroge le coeur même de notre rapport au monde. Comme le jour et la nuit s'engendrent en un cycle ininterrompu, dans ce diptyque, culpabilité et félicité se disputent la faveur d'une aveuglante clarté.